🟣Introduction
L’être humain traverse au cours de sa vie différentes étapes, au cours desquelles les portes de la facilité et de la sérénité s’ouvrent parfois largement, tandis qu’il traverse parfois des circonstances difficiles qui requièrent patience, espérance et orientation vers Allah.
Le Coran présente à l’être humain, dans ces différentes étapes, un ensemble cohérent de significations : l’invocation, la piété, la patience, la bienfaisance, la dépense dans la voie d’Allah, la confiance en Allah, l’espérance et l’œuvre bonne.
Parmi les versets qui nous ouvrent une vaste porte sur ce sujet, Allah dit :
( Qui donc répond à l’appel de celui qui est dans la détresse lorsqu’il L’invoque, dissipe le mal et fait de vous des successeurs sur la terre ? Y a-t-il une divinité avec Allah ? Que vous vous souvenez peu ! )
Sourate 27 : An-Naml, verset 62
Le verset réunit l’invocation, la dissipation du mal et la succession de l’être humain sur la terre, et inscrit ces significations dans un contexte qui souligne la puissance et l’unicité d’Allah.
C’est à partir de là que cette étude entreprend de méditer sur la signification de la dissipation du mal et sur sa relation avec la piété, la patience, l’invocation, la bienfaisance et la dépense dans la voie d’Allah, en s’arrêtant sur quelques exemples des épreuves vécues par les prophètes, puis en considérant l’étape qui suit la difficulté : l’étape de la facilité, de la poursuite par l’être humain de sa mission sur terre et de l’accomplissement du bien.
Section I : Le dévoilement du mal dans la sourate An-Naml : l’unicité de Dieu et Sa puissance dans la création, la subsistance, la guidance et le dévoilement du mal
Les versets 60 à 64 de la sourate 27 : An-Naml s’inscrivent dans une succession cohérente qui expose les manifestations considérables de la puissance et de la gouvernance de Dieu. La série commence par la parole d’Allah :
﴾ N’est-ce pas Lui qui a créé les cieux et la Terre et qui vous a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Nous avons fait pousser des jardins pleins de beauté. Vous n’étiez nullement capables de faire pousser leurs arbres. Y-a-t-il donc une divinité avec Allah ? Non, mais ce sont des gens qui Lui donnent des égaux ﴿
Sourate 27 : An-Naml, verset 60
Puis Il dit :
﴾ N’est-ce pas Lui qui a établi la Terre comme demeurestable , placé des rivières à travers elle, lui a assigné des montagnes fermes et établi une séparation entre les deux mers . – Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? Non, mais la plupart d’entre eux ne savent pas ﴿
Sourate 27 : An-Naml, verset 61
Puis la série atteint un passage particulièrement important pour notre étude :
﴾ N’est-ce pas Lui qui répond à l’homme en détresse quand il L’invoque, et qui enlève le mal, et qui vous fait succéder sur la Terre, génération après génération. – Y a-t-il donc une divinité avec Allah? C’est rare que vous vous rappeliez ﴿
Sourate 27 : An-Naml, verset 62
Le contexte se poursuit :
﴾ N’est-ce pas Lui qui vous guide dans les ténèbres de la terre et de la mer, et qui envoie les vents, comme une bonne annonce précédant Sa miséricorde. Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? Allah est Très élevé au-dessus de ce qu’ils [Lui] associent ﴿
Sourate An-Naml, verset 63
Et cette séquence s’achève par la parole d’Allah :
﴾ N’est-ce pas Lui qui commence la création, puis la refait, et qui vous nourrit du ciel et de la Terre. Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? Dis : « Apportez votre preuve, si vous êtes véridiques ﴿
Sourate 27 : An-Naml, verset 64
L’unicité de Dieu : le fondement de ce passage
L’expression : ﴾ Y a-t-il donc une divinité avec Allah ﴿
se répète dans ces versets. Cette répétition révèle un axe fondamental qui les relie tous : l’unicité de Dieu et le fait de Lui réserver l’adoration.
Allah rappelle à l’être humain des manifestations extraordinaires de Sa puissance et de Sa gouvernance : Il est Celui qui a créé les cieux et la terre, fait descendre l’eau, fait pousser les jardins, établi la terre comme demeure stable, fait couler les rivières, affermi les montagnes, placé une séparation entre les deux mers, répond à l’appel de celui qui est dans la détresse, dévoile le mal, guide dans les ténèbres de la terre et de la mer, envoie les vents, commence la création puis la renouvelle, et accorde les subsistances provenant du ciel et de la terre.
Puis, après l’énumération de ces actes, vient la question coranique :
« Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? »
Ainsi, les versets orientent l’être humain vers une vérité fondamentale : ces actes sont des manifestations de la seigneurie, de la puissance et de la gouvernance d’Allah. C’est pourquoi l’être humain se tourne vers Lui seul par l’adoration, l’invocation et l’espérance.
Ainsi apparaît clairement que le verset consacré au dévoilement du mal se trouve au cœur d’un passage coranique qui affirme l’unicité absolue de Dieu. L’espérance de voir le mal dévoilé et la détresse levée est ainsi liée au fait de se tourner vers Allah seul.
Celui qui est dans la détresse et l’invocation
Allah dit :
( Qui donc répond à l’appel de celui qui est dans la détresse lorsqu’il L’invoque ?)
Le verset présente l’invocation comme une orientation sincère vers Allah, puis vient :
( et dissipe le mal ).
Une relation claire apparaît ainsi entre la détresse et l’invocation, puis entre la réponse et la dissipation du mal.
L’invocation devient ainsi une porte vers l’espérance et la confiance en Allah.
La dissipation du mal et la succession sur la terre
L’un des aspects les plus remarquables de cette succession de versets dans la sourate 27 : An-Naml est qu’elle ne s’arrête pas à :
(et dissipe le mal)
mais poursuit :
(et fait de vous des successeurs sur la terre).
Cette transition est très importante pour comprendre notre sujet.
La dissipation du mal ouvre à l’être humain un espace lui permettant de poursuivre sa vie et d’assumer sa responsabilité.
Ainsi, la facilité devient un espace pour l’action, la subsistance devient un moyen de donner, la capacité devient un moyen de réformer et la vie devient un espace pour accomplir le bien.
Section II : L’épreuve, l’invocation et la patience
Des exemples dans la vie des prophètes
Les récits des prophètes nous présentent de grands modèles dans la manière de traverser les difficultés et les épreuves. Ils montrent que les meilleurs des êtres humains ont traversé des étapes qui requièrent invocation, patience, retour vers Allah et espérance.
Job — Ayyûb — paix sur lui : l’invocation et la dissipation de l’épreuve
Allah dit :
﴿Et Job, lorsqu’il invoqua son Seigneur : « Le mal m’a touché, et Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux. » Alors Nous répondîmes à son appel, dissipâmes le mal qui l’avait atteint, lui rendîmes sa famille et leur ajoutâmes leurs semblables, par miséricorde venant de Nous et comme rappel pour les adorateurs.﴾
Sourate 21 : Al-Anbiyâ’, versets 83-84
Nous trouvons ici une succession de significations : l’invocation, la réponse, la dissipation de l’épreuve, la miséricorde et les bienfaits accordés par Allah .
Jonas — Yûnus — paix sur lui : l’invocation et le salut
Allah dit :
﴿… Alors il invoqua dans les ténèbres : « Il n’y a de divinité que Toi ! Gloire à Toi ! J’étais certes parmi les injustes. » Alors Nous répondîmes à son appel et le sauvâmes de l’affliction. Et c’est ainsi que Nous sauvons les croyants.﴾
Sourate 21 : Al-Anbiyâ’, versets 87-88
Nous trouvons ici l’invocation, l’unicité d’Allah, la réponse et le salut réunis dans un même contexte.
Salomon — Sulaymân — paix sur lui : l’épreuve et le retour vers Allah
Allah dit :
( Et Nous éprouvâmes certes Salomon et plaçâmes sur son trône un corps, puis il revint à Allah. Il dit : « Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume… » )
Sourate 38 : Sâd, versets 34-35
Puis Il dit :
( Alors Nous lui soumîmes le vent…)
Sourate 38 : Sâd, verset 36
Ces versets font apparaître les significations de l’épreuve, du retour vers Allah et de l’invocation, puis l’ouverture de nouvelles portes des bienfaits accordés par Allah
Jacob — Ya‘qûb — paix sur lui : patience, espérance et action
Allah dit :
( Une belle patience ! )
Sourate 12 : Yûsuf, verset 18
Et Il dit également dans la même sourate :
( Allez donc, cherchez des nouvelles de Joseph et de son frère, et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah.)
Sourate 12 : Yûsuf, verset 87
Dans ces deux versets, la patience rejoint l’espérance et l’action.
La belle patience donne à l’être humain la stabilité, l’espérance en Allah ouvre devant lui les portes de l’espoir, et l’action lui permet de poursuivre son chemin vers l’issue favorable.
S’en remettre au dessein d’Allah tout en poursuivant sa responsabilité et son action
Allah dit :
( Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait, tandis qu’eux seront interrogés )
Sourate 21 : Al-Anbiyâ’, verset 23
Ce verset place l’être humain devant une réalité profonde : Allah, dans Sa connaissance parfaite, est Celui qui administre et ordonne toute chose, tandis que l’être humain vit dans les limites de sa connaissance et de sa capacité.
L’être humain ne connaît pas l’invisible et n’embrasse pas tout ce que l’avenir contient d’événements, de possibilités et de destinées, tandis que la connaissance d’Allah embrasse toute chose.
Allah dit :
( Et Allah sait, tandis que vous ne savez pas)
Sourate 2 : Al-Baqara, verset 216
L’être humain peut ainsi s’en remettre au dessein d’Allah, placer son affaire entre les mains de son Seigneur et traverser les différentes étapes de sa vie avec un cœur confiant en Allah et plein d’espérance en Sa miséricorde.
S’en remettre au dessein d’Allah s’accorde avec la poursuite de la responsabilité : l’être humain demeure responsable de ses actes et de ses choix ; sa responsabilité se poursuit donc à toutes les étapes de sa vie.
Ainsi se réunissent dans la vie de l’être humain : s’en remettre au dessein d’Allah, l’invocation, la patience, la piété et l’action.
Section III : La piété, la patience, la bienfaisance et la dépense dans la voie d’Allah
Un ensemble cohérent pour poursuivre le chemin du bien
La piété dans le Coran n’est pas une notion séparée de la vie de l’être humain. Ses effets apparaissent dans son comportement, son action et sa relation avec les autres.
Allah décrit les pieux au début de la sourate Al-Baqara :
﴿Ceux qui croient à l’invisible, accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons attribué.﴾
Sourate 2 :Al-Baqara, verset 3
Puis :
﴿Et ceux qui croient à ce qui t’a été révélé… et qui ont la certitude de l’au-delà.﴾
Sourate 2 : Al-Baqara, verset 4
Nous voyons ainsi apparaître une belle relation entre la piété, la prière et la dépense.
La piété et le discernement
Allah dit :
﴿Si vous êtes pieux envers Allah, Il vous accordera un discernement.﴾
Sourate 8 : Al-Anfâl, verset 29
La piété donne ainsi à l’être humain un furqân, c’est-à-dire une capacité de discernement et de guidance dans ses choix.
La piété, une qualité aimée d’Allah
Allah dit :
( Certes, Allah aime les pieux )
Sourate 9 : At-Tawba, extraits des versets 4 et 7
Ces deux versets portent une signification particulièrement importante pour notre étude, car la piété n’est pas seulement un chemin vers l’issue favorable et la facilité : elle est également une qualité aimée par Allah, exalté soit-Il.
Qui sont donc les pieux ?
Les pieux sont ceux qui établissent entre eux et ce qui provoque la colère d’Allah une protection : ils Le révèrent, gardent à l’esprit leur responsabilité devant Lui, veillent à Lui obéir et à agir de manière à obtenir Son agrément, et s’écartent de ce qu’Il a interdit.
Le Coran renouvelle en de nombreux endroits son appel à la piété. Allah dit notamment :
( Et craignez un jour où vous serez ramenés vers Allah. Puis chaque âme recevra pleinement ce qu’elle aura acquis, et ils ne seront point lésés )
Sourate Al-Baqara, verset 281
Ce verset est particulièrement important, car il relie la piété au jour où l’être humain retournera vers Allah et à sa responsabilité concernant ses actes.
La piété, dans le Coran, est également liée à la crainte révérencielle d’Allah. Allah dit :
( Et c’est Moi que vous devez craindre )
Sourate 2 : Al-Baqara, verset 41
Et :
( Et craignez-Moi, ô doués d’intelligence )
Sourate Al-Baqara, verset 197
Nous pouvons ainsi comprendre la piété comme une conscience permanente de la relation de l’être humain avec son Seigneur, une crainte révérencielle envers Lui, un souci de rechercher Son agrément et une rectitude dans la parole et dans l’action.
La piété n’est pas simplement un sentiment intérieur : elle apparaît dans la vie de l’être humain à travers la prière, la dépense dans le chemin d’Allah, la bienfaisance, la patience et l’œuvre bonne.
Nous apparaît alors une image pleinement cohérente du pieux : foi, prière, dépense, certitude, guidance et réussite.
Allah a promis à celui qui Le craint, dans la sourate 65 : At-Talâq, versets 2-3 :
( Et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable et lui accordera Ses dons par des voies qu’il n’avait pas envisagées )
Car la piété n’est pas un simple mot : elle est une manière de vivre. C’est pourquoi la promesse de l’issue favorable et de la subsistance vient ensuite.
🟠 La piété, la guidance et la responsabilité de l’être humain devant Allah Le concept des pieux (al-muttaqīn) dans le Coran dépasse l’appartenance à un peuple, à une tribu ou à un groupe. Allah dit dans la sourate 49 : Al-Hujurât, verset 13, en s’adressant à l’ensemble des êtres humains : ﴿يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَىٰ وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ﴾ « Ô vous les êtres humains ! Nous vous avons créés d’un homme et d’une femme, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous connaissiez. Certes, le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux. » Puis le verset s’achève par : ﴿إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ﴾ « Certes, Allah est Omniscient et parfaitement Informé. » Allah seul connaît donc la réalité de la piété de chaque être humain. Il sait quelle guidance lui est parvenue, ce qu’il a compris de la vérité et comment il a répondu à ce qu’il a connu et reçu. Ainsi, le jugement concernant la réalité de la piété et de la guidance des êtres humains appartient à Allah, l’Omniscient, le Parfaitement Informé. Le Coran affirme également : ﴿وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّىٰ نَبْعَثَ رَسُولًا﴾ « Et Nous ne châtions jamais avant d’avoir envoyé un messager. » Sourate 17 : Al-Isrâ’, verset 15 Cela montre que la responsabilité de l’être humain devant Allah est liée à ce qui lui est parvenu de la révélation et de la guidance. Allah juge Ses fidèles avec Sa science et Sa justice, et Il connaît, pour chaque être humain, les circonstances dans lesquelles il a vécu ainsi que ce qui lui est parvenu comme éclaircissement. Nous comprenons ainsi que la piété est une réponse à la guidance qui parvient à l’être humain. Chaque fois que celui-ci apprend quelque chose de la volonté d’Allah, cette connaissance devient pour lui une responsabilité et un engagement. Sa piété se manifeste alors dans sa réponse à la vérité, ainsi que dans ses actes et dans son comportement. Quant à celui à qui le message du Coran n’est pas parvenu, il ne nous appartient pas de statuer sur son destin ni de déterminer de quelle manière il sera jugé ; cela relève de la seule connaissance d’Allah. Dans les limites de ce que les versets nous permettent d’affirmer, nous pouvons dire qu’Allah ne fait de tort à personne et que Son jugement repose sur Sa science et Sa justice. Cela est en harmonie avec Sa parole : ﴿وَلَا يَظْلِمُ رَبُّكَ أَحَدًا﴾ « Et ton Seigneur ne fait de tort à personne. » Sourate 18 : Al-Kahf, verset 49
La patience et la bienfaisance
Allah dit :
(… ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! )
Sourate Al-Baqara, verset 177
Ce verset réunit la bienfaisance, la patience et la piété dans une même construction.
Allah dit également :
( Les patients recevront pleinement leur récompense, sans compter )
Sourate 39 : Az-Zumar, verset 10
La patience est ainsi une force permettant de poursuivre le chemin, un vaste espace de constance, d’action et d’espérance.
Dépenser dans le chemin d’Allah et prendre soin de l’être humain.
La dépense occupe une place importante dans le Coran. Allah dit : « Ceux qui dépensent leurs biens, de nuit et de jour, secrètement et ouvertement, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n’auront aucune crainte et ils ne seront pas attristés. » (Sourate 2 : Al-Baqara, verset 274) Ce verset présente une belle image de la continuité dans le don : de nuit et de jour, secrètement et ouvertement. Allah dit également : « Vous n’atteindrez la bonté que lorsque vous dépenserez de ce que vous aimez. » (Sourate 3 : Âl ‘Imrân, verset 92) La dépense dans le chemin d’Allah est ainsi directement liée à la bonté. Allah dit aussi, en décrivant les vertueux : « Ils donnent à manger, malgré leur amour pour cette nourriture, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier de guerre : « Nous ne vous nourrissons que pour rechercher l’agrément d’Allah ; nous ne voulons de vous ni récompense ni remerciement. » (Sourate 76 Al-Insân, versets 8 et 9)
La dépense apparaît ici sous la forme de nourriture, de soin et de miséricorde. Le Coran mentionne également le vêtement des personnes dans le besoin, dans le cadre de l’expiation du serment : « Son expiation consiste à nourrir dix pauvres de ce dont vous nourrissez habituellement vos familles, ou à les vêtir… » (Sourate Al-Mâ’ida, verset 89) Ainsi, la dépense apparaît sous différentes formes de prise en charge de l’être humain et de réponse à ses besoins, notamment l’aide financière, la nourriture, l’habillement et l’assistance, ainsi que toutes les autres formes de bonté, de bienfaisance et de réforme.
La dépense dans la voie d’Allah et sa relation avec la dissipation du mal
L’être humain qui traverse une période de difficulté espère qu’Allah dissipera le mal qui le touche. Un autre être humain peut, quant à lui, devenir un moyen parmi les moyens du bien par lequel le don parvient à celui qui en a besoin.
La dissipation du mal pour une personne peut prendre la forme d’un repas qui lui parvient, d’un vêtement dont elle a besoin, d’une somme d’argent qui l’aide ou d’une aide qui allège l’une des difficultés de sa vie.
Ainsi, l’être humain, grâce à la subsistance et aux capacités qu’Allah lui a accordées, devient un moyen de bien dans la vie des autres.
Cette idée rejoint la parole d’Allah :
( Il dissipe le mal et fait de vous des successeurs sur la terre.)
Allah est Celui qui dissipe le mal, tandis que l’être humain porte une responsabilité sur terre. Parmi les formes de cette responsabilité figurent le don, le soin et la réforme.
Section IV : La piété, l’issue favorable, la subsistance et la facilité
Allah dit :
( Et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable et lui accordera Ses dons par des voies qu’il n’avait pas envisagées.)
Sourate 65 : At-Talâq, versets 2-3
Puis Il dit :
( Et quiconque craint Allah, Il lui facilitera son affaire )
Sourate 65 : At-Talâq, verset 4
Ces versets établissent une relation claire entre la piété, l’issue favorable, la subsistance et la facilité.
L’être humain peut faire de la piété une manière de vivre, avoir confiance en la promesse d’Allah et poursuivre son action et ses efforts.
Ces versets comptent ainsi parmi les plus forts pour réunir les thèmes de la piété et de la dissipation du mal.
Section V : Après la dissipation du mal, une vie plus belle et la poursuite de la mission sur terre
L’une des conclusions les plus importantes auxquelles nous sommes parvenues est que la dissipation du mal représente l’ouverture d’une nouvelle étape.
Après la disparition de la difficulté, l’être humain peut poursuivre sa mission sur terre et faire de la facilité un espace pour l’action, de la subsistance un espace pour le don et de la capacité un espace pour la réforme.
Cette signification s’accorde avec l’ordre du verset 62 de la sourate An-Naml :
( Il dissipe le mal et fait de vous des successeurs sur la terre )
Après la dissipation du mal vient donc la mention de la succession sur la terre.
Cela nous conduit à méditer sur le fait que la vie, après la disparition de l’épreuve, peut devenir plus belle et offrir un espace plus vaste pour le bien.
L’être humain poursuit alors la bienfaisance, la dépense dans le chemin d’Allah
, le fait de nourrir celui qui est dans le besoin, la réforme, l’œuvre bonne et l’accomplissement du bien.
Ainsi, la mission se poursuit.
